Cinéma

Les 8 Salopards en Valent-ils le Détour ?

on
10 janvier 2016

Victime de fuite de scénario et de piratage, la nouvelle création du brillant cinéaste Quentin Tarantino a bien failli ne jamais voir le jour. Mais il en faut bien plus pour que Tarantino abandonne et voilà enfin les 8 Salopards sur nos écrans pour le plus grand plaisir de certains de ses fans et le plus grand déplaisir des autres.

En voici la bande-annonce:

Réel amoureux du 7éme art, Tarantino a pris l’habitude de rendre hommage aux différents genres de films dans toutes ses oeuvres. Dans celui-ci, il a choisi de commémorer les années glorieuses du western. Le titre en lui-même, Les 8 Salopards, n’est pas sans rappeler deux films légendaires : Les 7 Mercenaires et les 12 Salopards.

Le film se déroule en plein hiver, au plus profond de l’Amérique de l’Ouest. Alors qu’une tempête de neige se prépare, le chasseur de prime John Ruth (Kurt Russell) tente d’atteindre la petite ville de Red Rock où la femme qui l’accompagne, Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), sera jugée et pendue. Sur sa route, il croise le chemin du Commandant Warrens, un ancien soldat Nordiste convertie en chasseur de prime, et l’apostat  Sudiste Chris Mannix, qui prétend être le nouveau shérif de Red Rock.

1

Malgré la méfiance de John, les deux hommes s’ajoutent au voyage. Afin de se protéger du blizzard, ils s’arrêtent à la mercerie de Minnie, une cabane où quatre inconnus les y attendent. Ce qui aurait dû être un moment de répit loin de tout danger, se transforme vite en longue et intense confrontation.

Indéniablement, le film est signé Tarantino. Tous les ingrédients qui rendent son travail unique s’y trouvent : sa clique habituelle (Samuel L. Jackson, Tim Roth, Kurt Russell, Michael Marsden)  à laquelle s’ajoutent de nouveaux visages tels que celui de Channing Tatum,  la division du film en chapitres,  les flashbacks, la bande son méthodiquement choisie  et composée par Ennio Morricone et enfin le langage vulgaire et l’humour noir mettant en exergue la montée en tension notable prenant place entre les quatre murs de la cabane.

La majeure partie du film est en huis-clos. Tarantino a pris la décision de filmer les 8 Salopards à la manière d’un vieux film, au format 70 mm pour accroître l’oppression de la pièce et l’intensité de l’intrigue.

Est-ce que cela suffit? Malheureusement non, cela est loin d’être assez ; la cinématographie seule ne peut sauver ce projet.Le film souffre de longueur et les dialogues sont loin d’être aussi accrocheurs que ceux auxquels Tarantino nous a habitués.

La présentation des personnages dans les premiers chapitres est d’un ennui mortel jusqu’à la plongée  interminable dans un bain de sang. Des têtes sont explosées, des bras arrachés, des entrailles regurgitées et du sang maculant les quatre coins de la pièce – Voilà le  spectacle que nous offre Tarantino dans ce qui s’avère être son plus violent  film.

Et pourquoi?

Je n’en ai pas la moindre idée. Rien de bien remarquable ou d’originale  ressort de l’histoire. Il s’agit là d’une version répétitive et sans saveurs des Dix Petits Nègres d’Agatha Christie à l’exception  du dénouement. Le thème du racisme, avec la guerre de Sécession en fondation, est simplement survolé ; ce qui est regrettable,  il aurait pu contribuer à donner un peu de sens à toute cette absurdité.

2

Pour ce premier film de l’année « les 8 Salopards » est une longue et sanglante déception. Malgré un casting royal et des performances mémorables (en l’occurrence celle de Jennifer Jason Leigh hallucinante dans ce rôle), Tarantino  échoue et ne nous apporte pas un film aussi captivant et entrainant à l’instar de Kill Bill ou Inglorious Basterds. Que nous réserve t-il pour la prochaine fois?

Elodie Cure

TAGS

LEAVE A COMMENT

Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

Twitter Widget