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Carnival Row : Festival de Monstres

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12 septembre 2019

Perdu dans les méandres de la Black list du cinéma depuis des années, le projet d’adapter Carnival Row sur écran n’est pas nouveau. Bien au contraire, le scénario traine dans les petits papiers du 7 ème depuis un temps déjà et a bien faillit voir le jour entre les mains de Guillermo Del Toro, avant de finalement atterrir sur la plateforme Amazon Prime sous un format épisodique.

Carnival Row se déroule au cœur de la cité de Burgue, là où des créatures magiques malmenées par la main de l’Homme tentent de survivre et de s’imposer. Dans cette ambiance de conflits perpétuels, l’enquêteur Philostrate (Orlando Bloom), dit Philo, un Sherlock Holmes au passé obscur, s’intéresse de près à une série de cadavres éviscérés, lâchement éparpillés dans les ruelles de cette ville qui ne dort jamais. Sa mission l’amène alors sur la route de Vignette Stonemoss (Cara Delevingne), une fée réfugiée ayant dû fuir son pays natal, avec qui il a jadis vécu une histoire fusionnelle.

Crédits : Amazon Prime

Plantée dans une époque chaotique d’après guerre où la différence est condamnable, Carnival Row se créer une mythologie complexe, aux allures de fable fantastiques, desservi avec efficacité par une esthétique sublime supplantée par des costumes aux détails minutieux et une architecture gothique à couper le souffle. Un peu à la manière d’un Penny Dreadful, la série assoie sa notoriété grâce à un univers fantastique arrangé à la sauce victorienne et aux allures steampunk, mêlant créatures du sublime et bas-fonds crasseux d’une cité dans le mal-être.

Sans tergiverser plus longtemps, on admettra aisément que les producteurs excellent à nous en mettre plein les mirettes. Seulement, une fois passé l’aspect formel, on se rend compte que le scénario peine à atteindre ce même niveau de perfection. À travers le prisme du passé, les scénaristes abordent les maux qui gangrènent notre présent tout en faisant écho à notre actualité. Impossible donc, de ne pas penser au racisme, à l’immigration ou encore à la lutte des classes au visionnage de cette histoire épique. Mais ces enjeux moralistes implantés comme fils conducteurs ont un poids bien trop lourd qui noie à plusieurs reprises la trame principale et fait passer au second plan les différents arcs narratifs. Bien heureusement, le casting racoleur, mené à la baguette par un Orlando Bloom et une Cara Delevingne livrant tous deux l’une de leurs meilleurs prestations cinématographiques, s’avère aussi impressionnant qu’efficace et apporte sans aucun doute un réel plus au show.

Crédits : Amazon Prime

Carnival Row est donc une épopée actuelle au goût épicé de l’originalité et brûlant d’une ambition affiché. Si cette première saison prend son temps (un peu trop parfois) pour bâtir les fondations d’un monde sans pareil, elle en oublie presque l’importance d’un bon plan scénaristique. Mais rien n’est perdu, puisqu’une seconde saison est déjà en cours de production. Si celle-ci est utilisée à bon escient pour rectifier les erreurs commises, elle pourrait facilement permettre au show de se hisser au rang des incontournables du petit écran auquel elle aspire tant.

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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