Cinéma

Hostiles : Le Retour du Grand Western

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19 juillet 2018

Sorti ce mercredi en DVD dans tout l’hexagone, Hostiles, un long-métrage aux allures de western a très peu fait parler de lui. Pourtant, avec ce drame, le réalisateur Scott Cooper (Les Brasiers de la Colère, Strictly Criminal) intègre dans le monde du cinéma une pépite du genre marquée par un récit puissant explorant avec gravité les recoins sombres de la nature humaine.

En 1892, le capitaine américain Joseph Blocker (Christian Bale), ancien héros de guerre relégué au rang de gardien de prison, est contraint d’escorter dans le Montana le chef de guerre Cheyenne (Wes Studi) gravement malade, afin que celui-ci passe ses dernières heures sur sa terre natale. Au cours de leur périlleux périple, Rosalee Quaid (Rosamund Pike), seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, se joint à eux. Pour atteindre la terre promise, les ennemis de toujours devront s’allier face aux nombreux dangers qui se dressent sur leur route.

Christian Bale et Rosamund Pike dans Hostiles de Scott Cooper

Crédits : Hostiles

Loin du western d’actions galopant et vrombissant, Hostiles est un film d’une profondeur rare qui amène une réelle réflexion sur l’homme et ses paradoxes. La scène d’ouverture donne d’emblée le ton dans un massacre fracassant et sanglant.

Avançant à travers de somptueux décors d’une Amérique profonde rongée par la conquête de l’Ouest et la barbarie, ce convoi hétéroclite d’êtres ravagés aux lourds passés est confronté à des moments de doutes solennels, de remises en question et de regrets pesants influencés par le cours des événements et des rencontres.

On assiste en un peu plus de deux heures à une progression physique et psychologique de chacun des personnages. En particulier celui interprété par un Christian Bale monolithe, justicier par la force du destin, dont les épaules robustes supportent le film entier. Le faciès épuisé, les traits tirés et les expressions usées, un simple regard ou coup d’œil furtif suffit à véhiculer une palette d’émotions, oscillant principalement entre pardon, rédemption et respect. Christian Bale livre ici l’une de ses plus sublimes compositions. À ses côtés, Rosamund Pike est LA partenaire idéale à la hauteur du talent de son acolyte masculin. Tout en retenue, l’actrice britannique démontre une nouvelle fois sa dextérité devant la caméra, proclamant haut et fort que sa place est auprès des plus grands.

Christian Bale dans Hostiles de Scott Cooper

Crédits : Hostiles

Malgré une lenteur apparente, ce long métrage aux actions modérées n’ennuie jamais. Scott Cooper a su construire une esthétique précise, froide mais étonnamment engageante. La tension brute qui y règne de bout en bout est lourde de sens. Le visionnage de ce film, qui a tout à voir avec un chef d’œuvre moderne laisse une impression persistante, et le sentiment d’avoir été le témoin d’émotions intenses.

Ce récit de rédemption par le pardon est une très belle révélation à la fois terriblement touchante et empreinte d’une grande humanité. Avec une mise en scène singulière et un casting concerné, Hostiles a su s’inscrire sans peine parmi les films immanquables de l’année en cours.

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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