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Légion : Démarrage en Trombe

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5 mars 2017

Ce n’était qu’une question de temps avant que les mutants d’X-Men débarquent sur petit écran. En cette année 2017, c’est le fils du Professeur Charles Xavier lui-même qui hérite d’une série à son effigie. Depuis quelques semaines déjà, Légion s’invite sur FX tous les mercredis au plus grand plaisir des fans dérobés de Marvel que nous sommes tous.

Considéré comme l’un des mutants les plus puissants de l’univers Marvel, le personnage de Légion possède de multiples personnalités auxquels différents pouvoirs tel que la télépathie, la télékinésie ou la pyrokinésie sont associés. Dans la série, David est interné pour schizophrénie paranoïaque dès les premières scènes du pilote. Souffrant de psychoses constantes et n’ayant pas encore conscience de son réel pouvoir, son personnage possède une large part de mystère que nous sommes amenés à découvrir progressivement. Sa vision étriquée du monde fait de lui un être encore fragile enclin aux doutes et à la manipulation mais dont son seul véritable ennemi n’est autre que lui-même.

Credit : Légion

Credit : Légion

Même si Légion vient s’inscrire sur la longue liste des adaptations Marvel, celle-ci tranche radicalement avec le schéma habituel du super-héroïsme et a le mérite d’être traitée avec plus de noirceur. Le scénario est recherché et renforcé par une scénographie notable.

En effet, le producteur Noah Hawley, réputé entres autres pour la série Fargo, a su créer une esthétique précise où des scènes s’entrelacent, se coupent et se recoupent alors que la caméra zoome, s’accroche et virevolte. Magistralement orchestré, chaque plan semble avoir été longuement pensé pour avoir l’effet escompté et produire une répercussion certaine sur le reste de l’histoire. La mise en scène sémantique lorgne un petit côté Kubrick qui alterne les labyrinthes et lieux clos en créant une esquisse parfaite de l’état de confusion mental expérimenté par notre héros.

Grâce à ce subterfuge ingénieux, le spectateur suit David dans sa découverte du monde, dans son évolution personnelle mais aussi dans ses paranoïas et ses angoisses. À mesure que la série poursuit son cours, la frontière entre réalité et fiction s’amenuise pour laisser place aux flashbacks altérés de sa jeunesse à laquelle il tente en vain d’échapper. Ainsi, le héros est persécuté par un démon aux yeux jaunes et une poupée à la tête disproportionnée qui sont de probables métaphores de souvenirs refoulés.

Credit : Légion

Credit : Légion

Avec une pointe d’humour et de légèreté, le show fait également l’éloge de la folie et s’attache même à suggérer qu’il existe une certaine transcendance à travers celle-ci. Cette différence, pourtant difficile à vivre, est perçue comme une force sans égale par les autres, évacuant ainsi toute notion d’anormalité.

Sans conteste, ce début de série est à la fois inquisiteur, surprenant et intriguant. Le spectateur est rapidement plongé dans un flot d’information abondant dans lequel il est difficile de distinguer la réalité du rêve. Mais c’est bien là que le show prend tout son sens et devient addictif puisqu’il se transforme en un véritable puzzle mental dont il faut percer le mystère.

Credit : Légion

Credit : Légion

Parfaitement dosée et maitrisée, cette toute jeune création se distingue des autres par une intrigue cémentée ainsi qu’une patte graphique singulière pour un simple support télévisuel. Le casting impliqué et le rendu propre et soigné de ces premiers épisodes présagent un avenir plutôt prometteur pour ce mutant désorienté.

Avec ce début détonant, Légion entre directement dans la cours des grands sans passer par la case remise en question.

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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