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Sharp Objects : La Découverte HBO de l’Été

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30 août 2018

Après s’être fait la main sur Big Little Lies, Jean-Marc Vallée, metteur en scène, jette son dévolu sur le personnage de Camille Preaker (Amy Adams) dans Sharp Objects, un minisérie de huit épisodes sortie cet été sur HBO. Camille, jeune journaliste au St Louis Chronicles, est envoyée à Wind Gap afin d’enquêter sur des meurtres de fillettes qui viennent troubler le quotidien de cette petit bourgade, celle-là même où elle a assisté à la mort de sa soeur Marian des années auparavant.

Adapté d’un roman éponyme de Gillian Flynn, connu notamment pour Gone Girl et Dark Places, Sharp Objects place au centre de son intrigue une femme au passé douloureux, forcée d’affronter ses propre démons pour les besoins de son investigation. Les cicatrices de son vécu se dévoilent peu à peu grâce à un récit émaillé de flashbacks distillés aidant ainsi à maintenir le suspens et à découvrir peu à peu les tourments profonds que traverse l’héroïne fraichement sortie d’un hôpital psychiatrique.

Amy Adams dans Sharp Objects

Credits : Sharp Objects

L’intrigue se concentre donc très rapidement sur le déchirement familiale qui gangrène la famille Preaker depuis des années, relayant au second plan les meurtres opérant à Wind Gap. Si cette écriture éclatée et plutôt lente pourrait en rebuter plus d’un, l’ensemble des huit épisodes donne du sens dans leur globalité. Sharp Objects doit être appréhendée en un seul et même bloc pour en comprendre tous les choix scénaristiques.

La lenteur insufflée, le manque d’activités inhérent à cette ville d’Amérique profonde où tous les habitants semblent coupables, ainsi que cette ambiance étouffante et pesante prête à nous engloutir à tout moment, classent ce drama singulier dans la catégorie des thrillers sombres de l’acabit d’une oeuvre de Stephen King. Jean-Marc Vallée en profite ici pour réaffirmer son savoir-faire dans le cadrage des petits silences et des émotions furtives en s’attardant sur le faciès des protagonistes qui ont tous leur part de mystères et de secrets.

Amy Adams dans Sharp Objects

Credits : Sharp Objects

Il s’attarde notamment sur le visage d’Amy Adams, véritable fer de lance de la série, qui injecte au personnage une crédibilité irréprochable. Son rôle fut d’ailleurs si complexe que l’actrice a d’ores et déjà refusé de jouer dans une saison 2, afin de ne pas avoir à se replonger dans des émotions aussi fortes et déstabilisantes.

Sharp Objects, dans la même lignée des grands polars noirs, soulève invariablement une houle de frissons qui ne saurait laisser indifférent. La mise en scène se voit vivifiée par une technique irréprochable et une patte stylistique assumée, parfaitement mise au service de ce scénario aux allures de monstre de Frankenstein qui ne tend qu’à finir sur un électrochoc final audacieux. L’ultime révélation, glaçante d’effroi, nous ébranle, nous bouscule et nous repousse dans nos retranchements une toute dernière fois. Il serait aussi dommage de louper les deux scènes post-génériques qui en dévoilent encore un peu plus.

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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