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The Handmaid’s Tale: La Lutte Continue

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16 mai 2018

“Nous vivions, comme d’habitude, en ignorant. Ignorer n’est pas la même chose que l’ignorance, il faut se donner de la peine pour y arriver.” –The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate –

Cette citation pessimiste reflète à la perfection la dystopie poignante de Margaret Atwood adaptée l’an passé sur petit écran par Hulu. La Servante Écarlate suit le combat éprouvant d’un groupe de femmes réduites en esclavage par une hiérarchie patriarcale appelée la République de Giléad basée sur la peur et l’infertilité. Cette année, l’histoire continue…

The Handmaid's Tale

Credits : Hulu

Dans un futur proche où le droit des femmes est réduit à néant, le sexe masculin règne sur toutes choses. Chaque homme, désigné par le terme “commandant”, dispose de trois femmes : une épouse, dont la fonction est de servir son mari et de s’occuper du possible futur enfant, une martha, en charge des tâches domestiques et une servante qui ne représente ni plus ni moins qu’un utérus fertile prêt à accueillir sa semence. The Handmaid’s TaleLa Servante Écarlate nous présente ainsi une société marquée par le recul extrême des valeurs traditionnelles où la religion, ancrée dans les mœurs, prime sur la moralité et la compassion. Preuve à l’appui, les citations récurrentes des passages de l’Ancien Testament qui ne servent qu’à endoctriner davantage ses victimes.

The Handmaid's Tale

Credits : HULU

Dans la première saison, le spectateur découvrait cette théocratie aux fondations morbides à travers le regard violenté de June Osbourne (Elisabeth Moss), devenue la servante Offred. Toute vêtue de rouge, couleur symbolisant la fertilité, elle se mêle à ces femmes chosifiées à qui l’on a renié l’instruction et toutes autres formes de libertés. Faite de souffrance, la vie de ces servantes écarlates ne se résume qu’à une incessante lutte pour échapper à leur condition précaire et amorale. Criblées de doutes par moments, leur unique pouvoir est certainement de s’unifier contre cette injustice. C‘est donc sur une tentative de révolte et sur l’enlèvement de notre héroïne par les forces de l’ordre que se bouclait la saison 1. Un an plus tard, le show reprend sur cette même image avant d’enchainer sur une des scènes les plus angoissantes du petit écran. Que ce soit par de la torture physique ou morale, ce que l’on peut dire, c’est que les showrunners n’ont pas prévu de nous épargner cette saison. Mais l’espoir de voir Offred et ses consœurs échapper à l’emprise asphyxiante de cette Amérique meurtrière demeure plus fort que tout.

The Handmaid's Tale

Credits : HULU

La Servante Écarlate s’impose comme œuvre psychologique qui se veut être une sorte d’allégorie de la vie dans toute la cruauté qu’elle peut nous réserver. Bien plus qu’une simple dystopie, elle fait largement écho à la tendance actuelle de notre époque qu’est la recherche prédominante de l’égalité des sexes. Mettant en scène un monde dans lequel le féminisme n’existe plus et où la seule forme d’autorité est l’homme, la série nous rappelle que nos libertés ne sont pas acquises éternellement, qu’elles demeurent fragiles et qu’il faut se battre pour les maintenir. C’est en cela que The Handmaid’s Tale est un appel au féminisme. Le show a également pris un tout autre sens après les assauts perpétuels contre le droit des femmes avec l’investiture de Trump et plus récemment encore, lors de l’affaire Weinstein.

Sous couverture d’une simple fiction, Margaret Atwood aborde un sujet sensible qui n’a jamais autant battu son plein qu’en 2018. Parfaitement adapté par Hulu, The Handmaid’s Tale : La Servante Ècarlate prend aux tripes. Ce drama a déjà raflé le Golden Award de la meilleure série dramatique en janvier de cette année. Et ce n’est que le début !

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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