Cinéma

Venom : la Monstruosité de l’Année ?

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12 octobre 2018

Face aux films de super-héros qui ne cessent de croître, Sony Pictures, en association avec Marvel, s’attaque à un projet d’une grande ampleur : une super-production sur Venom, cet être noir informe au sourire ravageur, mais sans Spider-Man. Après tout pourquoi pas, ses origines sont assez enracinées dans la pop culture actuelle pour s’y intéresser de plus près. Mais encore faut-il en avoir compris les réels enjeux…

Très populaire parmi les fans de comics, le personnage de Venom nait de la dualité entre l’humanité d’Eddie Brocke, un journaliste pugnace, et la sauvagerie du symbiote qui l’habite. Si une entente cordiale émerge peu à peu entre les deux, Venom n’en reste pas moins un anti-héros par excellence, un diligent actif qui n’hésite pas à faire sa propre justice. En soit, il était le sujet parfait d’un long-métrage qui s’annonçait fracassant et très sérieusement attendu au tournant par une horde de geeks assoiffés.

Venom

Crédits : Sony Pictures

Si le visuel, et notamment les pouvoirs imputés au symbiote, reste très appréciable et jouissif à voir, tout bat de l’aile lorsque l’on gratte un peu plus la surface.

Gangrené par une lituanie d’actions sans queue ni tête qui s’enchaîne à une allure incroyable sans même prendre la peine d’expliquer quelques détails fondamentaux à la compréhension, Venom s’embourbe. Si cela ne suffisait pas, des personnages stéréotypés au possible viennent apporter une patte ultra-lisse à l’ensemble et achèvent le scénario déjà négligé.

D’ailleurs, le duo Venom est le premier à faire les frais de ce manque d’implication révoltant des scénaristes. Si la dépression et le cancer ronge Eddie (Tom Hardy) sur papier, ces troubles sont simplement survolés à l’écran. Quant au symbiote lui-même, sa façon d’agir et son attachement pour son hôte restent incohérents et forcés tout au long du film.

Venom - Tom Hardy

Crédits : Sony Pictures

Si Tom Hardy (Mad Max : Fury Road, Peaky Blinders) et son accent inimitable arrivent tout de même à nous séduire dans ce gros ratage cinématographique de fin d’année, on regrette que les studios ne lui aient pas donné plus de matières pour travailler en nuances son rôle.

Le film Venom, alimenté par une pléthore de non-sens, de clichés et de faux-raccords, laisse un goût amer dans la bouche, une sensation d’inaboutissement due à un manque d’inspiration total. Malgré un potentiel monstre et un marketing qui appui la bestialité du parasite, il en ressort un projet ancré dans une politique de mercantilisme pure, se reposant ouvertement sur la notoriété de son acteur principal et la singularité du personnage éponyme. Quel gâchis !

 

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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