Cinéma

Warcraft : Passez Votre Chemin

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28 mai 2016

Ce n’était qu’une question de temps avant que l’un des jeux les plus populaires, Warcraft, ne soit adapté sur grand écran. Initialement annoncé pour 2009, ce n’est qu’en 2016 qu’il voit le jour grâce au travail acharné du réalisateur Duncan Jones qui a su convaincre avec des films tels que Source Code ou Moon.

Attendu au tournant par une horde de fans et de cinéphiles à l’appétit accru, Warcraft le Commencement a couté la bagatelle impressionnante de 160 millions de dollars aux studios. Avec un tel budget, nous sommes en droit d’attendre un rendu extraordinaire, seulement du film au navet, il n’y a qu’un pas.

Credit : Warcraft

Credit : Warcraft

Cherchant à fuir leur monde agonisant, les orcs, guidés par le shaman Gul’dan utilisent la magie noire pour se rendre sur le royaume humain d’Azeroth. Face à cette invasion, les hommes prennent les armes pour lutter contre la destruction de leur civilisation et de leur empire.

Ce premier film jette les bases du monde épique-fantastique conçu par Blizzard Entertainment et tant chéri par les gamers. Respectant relativement l’univers du jeu vidéo, le film ne demandait qu’a s’achever dans un bain d’actions qui aurait pu ravir les fans de la première heure et surprendre les autres. Seulement, c’est bien loin d’être le cas.

Credit : Warcraft

Credit : Warcraft

L’adaptation souffre très largement de l’incapacité du scénariste à insuffler de la pertinence à l’histoire. Manquant passablement de panache du début jusqu’à la fin, le film est dénué de sens et échoue à traiter en profondeur toutes les nuances du monde épique de Blizzard. Warcraft le Commencement tombe très vite en rade par faute de cohérence et met le spectateur face à un pêle-mêle d’action qui ne saurait convaincre.

En souhaitant présenter un macrocosme aussi dense en seulement deux heures, Duncan Jones s’est aventuré dans un chemin plutôt épineux. À force d’ingurgiter des informations à tir-larigot, l’indigestion est certaine. Les non-initiés se noient rapidement dans une avalanche de noms biscornus, de décors et de clins d’oeil au jeu original. Le spectateur n’a pas le temps d’entrer dans l’histoire, de saisir les enjeux du récit ni même d’apprendre à apprécier les personnages. Personnages qui, soit dit en passant, manquent terriblement d’épaisseur.

Credit : Warcraft

Credit : Warcraft

Malgré cela, le film reste visuellement plaisant à regarder. On affectionnera tout particulièrement la représentation des orcs passés au processus de motion capture qui ressortent mieux que les chevaliers vêtus de leurs armures trop ostentatoires. Certaines scènes, notamment celles à dos de griffons offrent une vue panoramique d’Azeroth et sont saisissantes de beauté. Mais cela ne suffit malheureusement pas.

Si le film reste un beau spectacle cinématographique, il est fort regrettable que le scenario ne suive pas. La montagne d’informations qui nous est fournit en un court laps de temps est asphyxiant.

Vrai coquille vide, Warcraft le Commencement lasse rapidement les non-gamers et peine à convaincre les adeptes. Après tout, il a toujours été dur de donner du sens au concept, plutôt casse-cou, d’adapter des jeux vidéos. C’est donc sans grande surprise que Warcraft le Commencement s’ajoute à la longue liste d’adaptions ratées aux cotés de Prince of Persia, Mortal Kombat, Street Fighter et bien d’autres.

 

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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