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You : la Série Parfaite ?

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23 novembre 2018

Penn Badgley troque l’univers huppé de Gossip Girl pour assouvir ses pulsions fantasmagoriques malsaines dans You, une série adaptée du roman Parfaite de Caroline Kepnes dans lequel un gérant d’une librairie new-yorkaise devient obsédé par une jeune aspirante écrivaine, Beck (Elizabeth Lail), ayant eu le malheur de pousser la porte de sa boutique.

Mené à la baguette par Sera Gamble (Supernatural, The Magicians) et Greg Berlanti (Riverdale), deux habitués du monde télévisuel, le show déjà diffusé sur Lifetime débarquera le 26 décembre sur la plate-forme Netflix France sous le nom de Parfaite.

Notre porte d’entrée dans ce thriller psychologique n’est autre que Penn Badgley aka Joe, un gérant de librairie marqué par une enfance difficile. Voix off et personnage principal, Joe nous embarque malgré nous dans son délire névrotique et psychotique dont le but ultime est de posséder corps et âme Beck, une jeune femme un brin nymphomane. Persuadé qu’ils sont fait l’un pour l’autre, Joe ne cesse de nourrir son obsession perverse à travers Twitter, Facebook, Instragram ainsi qu’en sillonnant les rues de New York afin d’espionner et de rentrer en effraction chez l’objet de ses désirs. Un chemin bien tortueux qui le poussera à commettre des actes irréparables.

Penn Badgley et Elizabeth Lail

Crédits : You, Lifetime

Que se passe-t-il quand le prince charmant n’est pas aussi angélique qu’il le suggère ?

Présentée comme une série phénomène, You nous questionne haut et fort sur les limites de l’amour et sur ces actes irréfléchis entrepris au nom de Cupidon en se penchant sur un cas de névrose obsessionnelle. Joe est convaincu qu’il est “un type bien”, chose qu’il répète d’ailleurs à plusieurs reprises. Après tout, l’ensemble de ses actions sont justifiées pour le bien de Beck, il souhaite simplement la protéger de ses amies et de sa famille pour mieux la guider dans sa carrière d’auteure. Seulement, il n’a pas conscience que la principale menace pour Beck n’est autre que lui, et cela, le spectateur en prend bel et bien conscience. C’est en adoptant la perception d’un homme tel que Joe, qui se persuade d’agir correctement, que You sort son épingle du jeu et s’improvise porteuse de messages féministes fondamentaux.

À travers ce prisme, le show se penche également sur l’arme de manipulation globale que peuvent devenir les réseaux sociaux entre de mauvaises mains, sur les faux semblants véhiculés de part en part sur la toile et les relations biaisés via un écran. En clair, les sujets évoqués sont frais, parfaitement ancrés dans notre époque et exposés avec intelligence.

Penn Badgley et Elizabeth Lail

Crédits : You, Lifetime

Seulement, bien que cette recette fonctionne pendant quelques épisodes, le concept se mord rapidement la queue : le suspens disparait pour laisser place à l’ennui et jouer aux montagnes russes avant d’aboutir sur un final plutôt inattendu et intriguant.

Niveau casting, il est fort agréable de découvrir Penn Badgley dans une nouvelle palette d’émotions et dans un rôle beaucoup plus poussé et fouillé que celui qu’il arpentait dans Gossip Girl. Face à lui, Elizabeth Lail, vu entre autre dans Once Upon a time, amène un équilibre parfait à ce binôme décomplexé.

Dans l’ensemble, You reste un divertissement convenable à binge-watcher rapidement pour ne pas s’en lasser entre deux épisodes. Si on note de grosses baisses de régime en cours de route, le parti pris et le point de vue emprunté pour décrire cette relation subversive entre deux jeunes gens font de You une série à laquelle il faut s’intéresser. Une saison 2, qui suivra la suite du livre, a déjà été commandée pour l’an prochain, en espérant que les scénaristes combleront les vides de cette saison 1.

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Elodie Cure
FRANCE

Blogueuse et Chroniqueuse spécialisée dans le domaine du cinéma et des séries.

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